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» Comment est fabriquée une marinière ? [vidéo]

 

Le terme de « marinière » désignait historiquement la vareuse du marin,

en drap de laine ou en lin, parfois fait d’une ancienne voile.

 

Puis, par métonymie, le mot « marinière » s’est mis à désigner le tricot de corps rayé,

disposé juste en dessous de ladite vareuse.

 

Aujourd’hui, dans le prêt-à-porter, le mot « marinière » est parfois également employé

pour désigner des pulls marins rayés.

 

Mais dans cet article, c’est bien de ce t-shirt en coton, tellement breton,

dont nous vous voulons vous parler.

 


DECOUVREZ LES SECRETS DE LA FABRICATION D'UNE MARINIERE


La marinière bretonne continue d’être un symbole d’élégance à la française encore aujourd’hui, partout dans le monde. Cet ancien sous-vêtement est devenu un incontournable des vestiaires, depuis que Coco Chanel a décidé de le ramener en pleine lumière, dans les années 1920.

 

Depuis, son succès ne s’est jamais désavoué : les marinières sont des vêtements indémodables.

 

Mais, paradoxalement, rares sont les marinières, vêtement pourtant typiquement français, à être encore fabriquées en France. Chez Le Minor, elles sont entièrement fabriquées en Bretagne, à partir d’un fil de coton lui-même fabriqué en France…

 

Pour tout connaître de la fabrication de nos marinières françaises, retrouvez notre mini-série vidéo ici :

 

 

Et si vous préférez un peu de lecture, nous vous racontons tout cela ici :

 


LE CHOIX DES MATIERES : FIL ATYPIQUE, MARINIERE AUTHENTIQUE


Une bobine de fil de coton cardé, filé en France

Les marinières Le Minor sont particulières car elles sont toujours fabriquées « à l’ancienne », avec le fil de coton « brut » qui signe la marinière traditionnelle.

 

Ce fil de coton brut était initialement dédié à la fabrication de cordages, et non de vêtements. En anglais, on le retrouve d’ailleurs sous le nom de « rope yarn », ce qui signifie « fil à corde ». Il en conserve un aspect « sec », un peu sauvage.

 

Mais pourquoi utiliser un fil de coton brut ?

 

Pour répondre à cette question, il faut auparavant comprendre que ce coton brut est un coton « cardé ». Pour faire simple, en coton, il y a le coton peigné et le coton cardé. Le coton peigné est doux et le coton cardé est moins doux. C’est la technique de filature qui fait que l’on arrive à ce type de résultat : pour obtenir un coton peigné, la filature est plus longue et plus fine. Les fibres de coton sont alors toutes « rangées » dans le même sens, il n’y a plus rien qui dépasse, et, en résultat, le fil est doux. Le coton cardé a une étape en moins. Il est composé de fibres de coton moins bien rangées, et, en conséquence, il est moins doux au toucher.

 

Mais ce qui fait la magie de ce coton cardé, c’est son évolution : il va se patiner au gré du temps, devenir une seconde peau. Il élève les vêtements qu’il compose au rang des vêtements que l’on « fait », comme un bon vieux jean ou un pull marin. De ces vêtements qui résistent à tout, qui deviennent fétiches et dont on ne peut plus se passer. Tel en est-il de la mythique marinière Le Minor.

 

L’autre raison d’être du coton cardé dans les marinières Le Minor, c’est que le peignage du coton est un savoir-faire qui s’est perdu en France. On ne peigne plus le coton sur le territoire, ou très peu. Un fil de coton filé en France sera donc nécessairement cardé. Et comme la mission de la marque Le Minor est de contribuer au maintien des savoir-faire textiles en France, c'est tout naturellement que depuis des années, nous faisons appel à une filature française.

 

Notre fil de coton est filé dans les Vosges, chez La Mouline, au Thillot. C’est l’une des dernières filatures de coton en France.

 


LE TISSU DE NOS MARINIERES EST TRICOTE, ET NON TISSE


 

Le tissu utilisé pour fabriquer des marinières est tricoté, et non tissé. La confusion entre tissage et tricotage est courante, on la retrouve çà et là, y compris chez des distributeurs de marinières, ou dans des articles parlant de mode.

 

Mais il s’agit bien de tricotage. Le tissu est la plupart du temps en jersey, qui est bien un point de tricot, et même un jeu de maille simple, qui sert de base à de multiples développement.

 

Les machines qui servent à fabriquer le tissu des marinières sont des tricoteuses (ou des « métiers ») circulaires. Le tricotage se fait en spirale, sur des machines à large diamètre qui tournent sur elles-mêmes, dans un mouvement presque perpétuel. Ces machines à tricoter ont été développées pour pouvoir tricoter du tissu en continu, au kilomètre.

 

Ces machines impressionnantes, qui sont un des clous de la visite des ateliers Le Minor à Guidel, sont le symbole d’une fabrication intégrée, qui démarre par la fabrication du tissu. Ce modèle d'entreprise, marque fabricante, au sein de laquelle une marinière est fabriquée de A à Z, en intégrant même la conception du tissu, est unique en France

 

Sur ces machines, on fabrique un tissu le plus souvent rayé, avec des rayures continues (en « all-over » comme diraient nos amis anglo-saxons), ou avec des dessins « placés », c’est-à-dire avec des rayures seulement sur une partie du tissu, et in fine, sur une partie seulement du corps d’une marinière. Ces dessins placés relèvent d’une prouesse technique, qui nécessite un paramétrage fin, qui plus est, chez Le Minor, sur des machines mécaniques antiques.

Bonnetier paramétrant un métier à tricoter circulaire mécanique

 

 


L'ENNOBLISSEMENT DU TISSU : UNE ETAPE ESSENTIELLE ET MECONNUE


une gigantesque machine pour l'ennoblissement du tissu des marinières

 

L’ennoblissement du tissu est certainement une étape de fabrication de la marinière très largement ignorée du grand public. Derrière ce vocable très digne se cache une étape essentielle pour que le tissu d’une marinière supporte sans heurt les lavages domestiques.

 

On appelle aussi cette étape « calandrage », « teinture » ou « stabilisation » car c’est un peu tout cela à la fois.

 

Il s’agit pour résumer de faire passer le rouleau de tissu tricoté dans plusieurs bains, et de le mettre à plat – pour contrer l’effet spirale issu du tricotage – pour « rétracter » le coton, et le rendre stable.

 

Ce métier nécessite des immenses machines et des savoir-faire techniques que nous n’avons pas chez Le Minor, ni dans notre atelier intégré de Guidel, ni dans notre atelier de confection textile de Quimper. Cette étape de fabrication de marinière sera donc la seule à ne pas être réalisée entre les murs de nos ateliers.

 

Nous sous-traitons cette étape à un atelier partenaire, Teinture et Apprêts Danjoux, à Roanne. Roanne est avec Troyes une des vieilles gloires du tricot français, où subsiste encore de très belles industries dans toutes les étapes de transformation du tricot.

 


LA COUPE DU TISSU : UNE ETAPE DELICATE


 

C’est sans doute à l’étape de la coupe du tissu que tout se joue de la finition parfaite des marinières Le Minor. En visitant l’atelier on peut se trouver surpris par une dimension très artisanale de la coupe textile chez Le Minor : à l’atelier de coupe de jersey coton survivent des étapes très peu mécanisées, des manipulations précautionneuses et nécessairement humaines.

 

Le moment de la coupe est crucial : il faut appréhender cette matière naturellement élastique, qu’est le jersey de coton, tout en assurant que le patronage sera respecté, et que les rayures (lorsque le tissu est rayé - ce qui est le cas la plupart du temps !) puissent être accordées au moment de l'assemblage.

 

Au moment de la coupe du tissu de coton, nous sommes entre artisanat et industrie :

 

Artisanat car il s’agit d’étapes manuelles. C’est bien manuellement que l’on débite des hauteurs de rouleaux, en binôme, que l’on matelasse les différentes couches de tissu, que l’on coupe le tissu en forme, et que l’on réajuste l’alignement des rayures entre chacune de ces étapes.

 

Industrie car chaque marinière est produite en série, pour répondre à des impératifs de minimum de quantité et de cadence.

La coupe du jersey rayé des marinières Le Minor

 


L'ASSEMBLAGE D'UNE MARINIERE : COUTURE ET SAVOIR-FAIRE


La couture des marinières :

symbole de la confection textile made in France

 

La confection d’une marinière, en tant que tel, est l’étape qui consiste à assembler entre eux les différentes pièces de tissus préalablement coupés, pour donner sa forme définitive au vêtement.

 

C’est l’étape de fabrication d’une marinière la plus transparente pour tout un chacun, parce qu’on a tous déjà été en contact avec une machine à coudre. L’image de l’atelier de couture est la première image qui vient à l’esprit de nos clients lorsque nous leur redisons « nous sommes un marque fabricante ». Ce n’est bien sûr pas tout, à ce stade de l’article, vous l’aurez compris, il ne faut pas omettre les étapes précédant la couture d’une marinière. Etapes que nous avons tenu à mettre en lumière, pour leur redonner leurs lettres de noblesse : tricotage, stabilisation du tissu, et coupe.

 

Les enjeux de l’étape de confection d’une marinière sont assez simples :

  • La solidité : les vêtements Le Minor tirent leur réputation d’une qualité à toute épreuve. Et notre promesse est que vous achetiez une marinière qui durera plus de 20 ans, et un pull qui durera plus de 40 ans. Le recouvrement double aiguille et le choix du fil à coudre jouent notamment un rôle dans cet objectif de produire des marinières solides.

 

  • La qualité des finitions : les ourlets, les fentes, la régularité des coutures, tous ces aspects extérieurs sont primordiaux pour obtenir une marinière fabriquée avec soin. Mais la netteté des coutures et l’absence de fils qui dépassent… à l’intérieur du vêtement, sont aussi des critères d’évaluation pour la propreté des finitions.

 

  • L’accord des rayures, enfin. Les rayures doivent être parfaitement accordées au moment du montage d’une marinière en coton. Cet art, qui est un pur diktat de la mode (pensez-vous que les matelots du XVIIIème siècle se souciaient d’avoir les côtés de leurs sous-vêtements joliment ouvragés ?) joue pour beaucoup dans le savoir-faire de nos couturières spécialistes de la fabrication de marinières. Il est d’autant plus compliqué d’accorder des rayures que cette étape est réalisée alors qu’une seule des 2 faces à assembler est visible ! et l’entraînement d’une machine à coudre fait que la face de dessous avance plus vite que la face du dessus : il faut donc parfaitement maîtriser l’avancement de son travail sous le pied presseur de la surjeteuse pour réussir cette étape. De l’art, vous dit-on !

 

Nous ne saurions finir ce paragraphe sur la confection des marinières sans évoquer le grand bouleversement qu’on connu les ateliers de confection textile en France. Pour faire court – et le mot de « bouleversement » est d’ailleurs très inadapté pour décrire la destruction de tout un pan de l’industrie textile en France – il a fallu passer d’un mode de fabrication très taylorisé à un mode de fabrication beaucoup plus flexible. Dans le nouveau mode d’organisation des ateliers de confection textiles français, notamment chez Le Minor, spécialiste de la fabrication de marinières en coton 100% made in France, chaque opératrice (ou opérateur) peut intervenir à chacune des étapes de confection : piquage, surjet, ourlet, bordage, boutonnière, … et n’est plus spécialisé sur une seule opération.

 

Cette polyvalence fluidifie la production. 

LE CONTROLE QUALITE ET LA FINITION : ULTIMES ETAPES DE CONFECTION D'UNE MARINIERE


« Le Minor » a toujours rimé avec « très haut niveau de qualité ». Cette qualité, elle s’est renforcée au cours des années au contact de clients très exigeants. Parmi eux, on peut citer la Marine Nationale et ses inspections au sein de l’atelier pour contrôler la qualité, et les Japonais : fans absolus de la marque Le Minor, ils sont aussi extrêmement vigilants sur la qualité du tissu, de la couture, des finitions.

 

Pour répondre à cela, Le Minor mets au point un contrôle qualité de ses marinières, au cours duquel chacune des étapes de fabrication ci-dessus va être passée au crible : régularité du tricotage du jersey et absence de pollution dans le tissu, adéquation de la coupe du tissu rayé, perfection de la régularité des différents points de couture. Tout est passé au crible pour que tout soit parfait !

 

Et pour mettre un point final à la confection des marinières Le Minor, c’est Solange, 46 ans de maison, qui repasse chacun des tricots marins individuellement, en les passant au crible de son œil de Lynx. 7

 

Pas un défaut ne survivra à ce contrôle drastique !

Au moment du contrôle, la marinière est passée au crible

 

 

 
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