La toile de coton : troisième chapitre du Livre des étoffes Le Minor
Chez Le Minor, nous tricotons un jersey très épais et particulièrement serré, sur une machine à tricoter qui date des années 1970. La spécificité de ce tissu que Le Minor est le seul à fabriquer, en France, et la maintenance de cette machine antique, dont il n’existe plus de pièces détachées, constituent un savoir-faire rare, et nous ont valu en avril 2023 d’être labellisés “entreprise du patrimoine vivant”.

Nouveau chapitre du livre des étoffes : le jersey lourd
Le livre des étoffes, que nous avons lancé en 2026, est le recensement des matières dont Le Minor a le secret, des étoffes que nous avons raffinées, année après année, pour les sublimer, afin qu’elles composent des vêtements beaux et durables.
Nous l'avons appelé "Toile de coton". C'est tout à fait impropre car c'est un tricot, et non une toile. Mais cette licence poétique image bien, selon nous, le tombé et le serrage de ce tissu exceptionnel, avec lequel nous aimons jouer pour créer des premières couches - t-shirts épais - ou deuxièmes couches - surchemise, veste de peintre.
Le jersey dont nous parlons aujourd’hui est celui qui composait les marinières en coton brut les plus authentiques de notre collection. Mais nous avons essayé d’en déployer le potentiel, pour faire de ce tricot de coton épais la base de créations contemporaines, dans lesquelles tradition et modernité se rencontrent.

Machine antique et patrimoine vivant : le savoir-faire du jersey épais
Le chapitre 3 de notre livre des étoffes parle d'un savoir-faire unique en France, que nous perpétuons sur une tricoteuse circulaire "Monarch" des années 70, et qui nous vaut en partie d'être labellisé "entreprise du patrimoine vivant".
Cette machine nous permet de tricoter un jersey épais grâce à son "calibre" : c'est une jauge 14 ! La jauge indique le nombre le nombre d’aiguilles au “pouce”. Schématiquement, plus le numéro métrique de la jauge est petit, moins il y a d’aiguilles. Moins il y a d'aiguille, plus il faudra de fils ou de grosseur de fil pour les remplir… et donc plus la maille sera épaisse.
Ce jersey très épais, propre aux marinières robustes, est absolument unique en France : nous sommes les seuls, chez Le Minor, à produire une telle qualité. Et nous le faisons à la sueur de notre front : pour maintenir une machine de cette génération, il faut des sommes de patience et d'ingéniosité de la part de Vincent, tricoteur régleur, qui connaît la maille sur le bout des doigts, de Tony, électricien de formation, reconverti au tricotage, dont les connaissances ne sont pas inutiles en cas de panne, et enfin d’Arnaud, responsable logistique et passionné de mécanique… et de machines à tricoter par la force des choses.
En 2022 et 2023, pour soutenir notre dossier de candidature pour le label “entreprise du patrimoine vivant”, nous avons fait valoir notre travail de maintenance de cette machine rare, et le tissu unique qui en sortait. Et cela semble avoir fonctionné, puisque Le Minor a obtenu le label “entreprise du patrimoine vivant” en avril 2023.

Tricot ou toile ? Le cas du jersey “jauge 14” chez Le Minor
La différence entre la toile et le tricot, c’est que pour tisser une toile, il faut que les fils s’entrelacent en perpendiculaire (chaîne et trame), alors que pour réaliser un tricot, il s’agit de constituer une première ligne horizontale, à laquelle vient se rattacher une deuxième ligne, grâce à des boucles, et ainsi de suite. Le tricotage du jersey était initialement pensé pour être élastique, car il composait des sous-vêtements - dont la marinière, conçue initialement pour être portée à même la peau, en vêtement de dessous ! - et devait donc naturellement épouser les moindre mouvements du corps.
Le jersey épais, n’est pas à proprement une toile : c’est bien un tricot. D’une manière générale, lorsque nous employons le terme “tissu” pour parler de nos marinières ou de nos t-shirts, c’est un abus de langage, car il s’agit bien en réalité de “tricot”. Le Minor est spécialiste de la maille, et donc de vêtements conçus à partir d’étoffes tricotées. La seule vraie exception dans nos collections, c’est nos produits en drap de laine, les Kabigs, les cabans, les manteaux, dont la matière première est tissée, et la plupart du temps chez Jules Tournier, dans le Tarn.
Néanmoins, nous avons choisi d’appeler cette étoffe “toile de coton”, comme un clin d'œil, car son serrage et son épaisseur le font ressembler à une toile... et pas uniquement parce que c’est une œuvre d’art. En effet, sa structure apporte un drapé et un tombé qui l’a révélée à nos yeux comme à même de constituer des vêtements habituellement fabriqués à partir de chaîne et trame : vestes, chemises, etc.

Le “heavy-jersey” : des premières et deuxièmes couches
La première destination de notre jersey heavy, c’est de constituer la marinière authentique du marin breton. Tricoté en coton brut - un fil de coton cardé que l’on appelle techniquement open-end - l’authenticité de sa main épaisse est renforcée par son coton sec. Découvrez nos modèles de marinières en jersey épais.
Mais dans le cadre du renouvellement de nos collections, nous avons cherché d’autres applications à ce jersey/toile de coton, afin d’honorer notre héritage - toujours ! - et de sublimer cette matière et ce savoir-faire. Ainsi, nous retrouvons, aux côtés de la marinière traditionnelle, des t-shirts épais, en coton doux : découvrez les t-shirts les plus lourds du marché.
Enfin, nous avons taillé dans cette matière exceptionnelle - ce tricot jersey si épais qu’on dirait une toile - des secondes couches : des vestes parfaites pour le printemps, qui recueillent le meilleur de la toile et du jersey - joli tombé, souplesse et légèreté. Nul besoin de vous représenter notre surchemise… Découvrez plutôt nos vestes en jersey lourd.
Retrouvez les autres chapitres de notre "livre des étoffes" :